Dernier jour dans le parc du Kruger, on a du mal à réaliser que l’on va devoir quitter cet endroit tellement fabuleux ou nous avons vécu un rapport très proche avec la nature sauvage. On veut en profiter à fond et on compte partir le plus tard possible pour notre prochaine étape, la réserve de Hlane au eSwantini. Pour cela, on longe la rivière tout du long jusqu'à Crocodile Bridge sur une belle piste où pour un dernier tour, on sera encore bluffé par toutes les rencontres que l'on fera.

On veut profiter du magnifique cadre qu'offre le campement de Berg En Dal, avec son plan d'eau plein de vie. On se lève donc tôt et on retourne au plan d’eau en marchant depuis notre maisonnette. De nombreux oiseaux s’activent au plan d’eau. Des hérons, des martin-pêcheurs, des grues. 

Un hippopotame est déjà dans l’eau, on a raté son arrivée.

Il fait beau ce matin et les rayons du soleil donne une couleur dorée très douce à la savane.

On s’installe pour le spectacle de la nature sauvage. Ce n'est pas qu'un spectacle visuel car les oiseaux sont tous très bruyants, c'est un concert de cris autour de nous.

Un énorme héron pêche dans l'étang.

Sur un des arbres fleuris en cette période hivernale, un bel oiseau tout jaune se confond presque avec le décor. 

Avec la lumière du matin, les couleurs sont magnifiées.

Les oiseaux sont très actifs, ils volent autour du bassin. Ils se battent entre eux, ils pêchent. 

On trouve différentes espèces d'oiseaux sur ce plan d'eau, il y a une grande diversité.

Des oies sauvages se battent en poussant des cris stridents.

Un énorme hornbill est perché dans l’arbre au-dessus de nos têtes. Son cri est très bizarre, comme un enfant qui pleure, à nous déchirer le cœur.

Le restaurant offre un très bon petit déjeuner avec comme d’habitude dans les parcs du Kruger un rapport qualité prix très intéressant. On est vraiment conquis par ce camp, notre deuxième préféré après Skukuza. 

Nous avons bien traîné ce matin, en plus on se perd quand on rentre à notre maisonnette, le parc est grand et chacune des allées se ressemble. Il y a des impalas qui broute la pelouse du camp.

Finalement on rend notre chambre un peu en retard par rapport à l’heure du checkout mais personne ne nous dira rien. Avant de sortir, par précaution on fait le plein de gasoil à la station essence Total du camp. Le prix est légèrement plus cher qu’en dehors du parc, environ un rand de plus, je paye 22 rand par litre au lieu de 21 rand. La voiture a été très économe en consommation malgré son poids, environ 6,5 litres/100km, on a fait plus de mille kilomètres et je remplis le réservoir d’une soixantaine de litres. Parés pour encore mille kilomètres ! 


Ça y est c’est bon, on quitte le camp, dernier camp dans le Kruger. Petit pincement au cœur, mais on reste en alerte car on compte bien profiter jusqu’au dernier instant. Pour cela, on décide de ne pas rejoindre l’entrée du parc la plus proche, celle de Malelane mais plutôt on va longer la rivière Sabi jusqu’à Crocodile Bridge, pour faire une dernière balade dans le parc. Sitôt sorti des portes du camp que le festival commencé la veille continue. Tout d’abord ce sont des éléphants qui mange sur le bord de la route.

Plus loin, on peut voir que c’est en fait un gros groupe d’éléphant qui est disséminé dans la savane, il y en a de partout.

Un troupeau d'impalas qui regarde tous dans la même direction.

Puis on retrouve un Lilac perché sur une branche au dessus d’un troupeau d’impasse, décidément le plus bel oiseau de notre séjour dans le parc. On est encore bien les seuls qui s’arrêtons aussi souvent pour tous les animaux. 

Et là, quelle chance, quelques mètres plus loin, un léopard sort des broussailles et traverse la route juste devant notre capot. Incroyable ! 

Être au bon endroit au bon moment. On se dit que si on avait roulé d’une traite depuis Berg en Dal sans ces trois arrêts, on serait passé à côté d’une plus belles rencontre de notre voyage. Cet animal dégage tellement de puissance et de calme.

Il semble concentré sur sa quête et ne fait pas attention aux voitures qui s’arrêtent. Encore une journée qui s’annonce belle, et on n’est pas encore arrivé à la jonction avec la route principale qui rejoint Skukuza à Malelane ! 

On franchit le pont sur la rivière Sabi, on scrute le cours d'eau et les environs.

Et finalement on aperçoit un héron pas comme les autres.

Son bec est couvert de couleurs vives, il est très différent des hérons et grues qui sont à côté de lui pour pêcher.

Il est beaucoup plus gros et imposant, un magnifique oiseau.

Toujours au niveau du pont, dans l’arbre est perché un grand aigle.

L’aigle femelle appelle avec un cri strident son mâle qui vole se poser à côté. Puis le mâle vient s’accoupler avec la femelle avant de se poser à nouveau sur la branche, ca dire que quelques instants. Le temps d’acte de reproduction est vraiment très court dans le monde animal ! 

Ça y est on a déjà l’impression que la journée nous a déjà comblé. On se dit qu’à partir de maintenant ce n’est plus que du bonus. On prend la piste qui rejoint Crocodile Bridge, à environ une cinquantaine de kilomètres plus à l’Est vers la frontière du Mozambique. Cette piste nous avait porté chance la veille avec beaucoup de rencontres animales. Et aujourd’hui ce sera encore le cas. Nous voyons dans le ciel un grand groupe d’oiseaux qui vole en cercle dans le ciel.

On croit voir des vautours qui attendent leur tour pour une carcasse. Mais en s’approchant, on se rend compte que ce sont des immenses pélicans avec une envergure de presque 3 mètres. 

On apercevons aussi des zèbres, des éléphants, Nyala et bien sûr un nombre incalculable d’impalas.

La terre est brûlée par endroits, donnant l’image d’être dans le territoire des hyènes dans le Roi Lion.

On croise aussi notre animal fétiche, la girafe qui est juste à côté de nous. Le temps de s’arrêter, elle a disparu entre les branches dans arbres.

Puis elle réadaptait, difficile pour elle de passer inaperçue avec son long coup. Celle-ci est très curieuse et se laisse photographiée.

La photo est parfaite avec ce magnifique arbre juste derrière la girafe !

Un large troupeau de zèbres marche sur la route et prend toute la place. Ils sont une quinzaine avec des adultes et des petits. Ils marchent doucement sur la piste et on les laisse passer. La mère se met entre nous et son bébé pour le protéger, on la sent un peu sur la défensive.

Un superbe aigle nous survole.

La piste longe la rivière mais la plupart du temps, on ne peut pas accéder à un point de vue sur le cours d'eau. On roule au milieu de la végétation. Mais lorsque la végétation se fait plus basse, on peut remarquer qu'il y a énormément de vie autour de l'eau. Beaucoup d'hippopotames dorment sur l'herbe ou mangent. Il y a des adultes et des petits. C'est magnifique.

La suite de la route nous fait faire quelques rencontres animales intéressantes. On trouve d'abord ce pigeon avec de longues moustaches jaunes qui se promène sur la grêve d'une rivière assechée.

Un jeune impala tout mignon est apeuré par notre présence.

Un éléphant qui arrache les branches des arbres sur le bord de la route.

Un mignon petit écureuil qui se laisse photographier juste à côté de nous.

Un jeune éléphant se trouve tout seul dans une clairière, on ne voit pas les autres membres de son troupeau, bizarre.

Une autre espèce de dinde sauvage, qui a aussi un air très intélligent.

Un autre specimen de héron à bec coloré, il a vraiment une forme très bizarre et on se demande bien à quoi servent toutes ces couleurs. Cela doit être très difficile pour lui de se camouffler.

Un peu avant l’arrivée sur la route principale, il y a un attroupement de véhicule, un des conducteurs nous dit qu’il y a un léopard dans les broussailles. Mais il y a tellement de voitures garées autour que l’on ne voit rien. On laisse tomber voyant que les voitures sont garées sur deux voies en intercalées on ne voit rien. Les herbes sont hautes, on a l’impression que personne ne voit rien en fait. On continue le chemin jusqu’au croisement vers crocodile bridge, ici la nature edt encore différente, une grande plaine s’étend sous nos yeux à perte de vue. Les arbres se font rares, on peut voir très loin. C’est facile de repérer les animaux par rapport à la forêt dense autour de Skukuza. D’ailleurs on peut voir des kudus et phacochères très facilement. 

En traversant la rivière, on tombe sur un crocodile qui se dore au soleil. Sa taille est impressionnante, il est immobile et c’est diffficile de le distinguer. Le premier de notre voyage et un nouvel animal pour notre roadbook.

Un peu plus loin dans un autre cours d’eau c’est cette fois de nombreuses tortues qui sont accrochés aux rochers.

On fait une pause toilettes au rest camp de crocodile bridge juste avant la sortie. On espère trouver un restaurant avec une belle vue sur la rivière pour conclure ce voyage dans le Kruger. Mais ce camp est très spartiate, avec rien d’interessant. On décide de manger en dehors du parc. En sortant du Kruger, on a quand même un pincement au cœur, on serait bien rester plus longtemps finalement. Je pense même qu’il serait possible de ne faire voyage en Afrique en restant dans le Kruger du Nord au Sud ou l’inverse, tant la diversité des paysages est grande, dans le Sud nous n’avons pas vu de paysages avec des baobabs par exemple alors qu’ils sont dans le Nord, le parc est si vaste, et les animaux tellement accessibles. Pour quelqu’un qui viendrait en Afrique du Sud seulement pour le safari, ce serait déjà idéal et grandiose. Peut être pour une prochaine fois pourquoi pas. On franchit le pont sur la rivière, nous roulons sur ce pont étroit face aux hippopotames et un très grand troupeau de Kudu, mais on est pas sur car ils sont loin. 

Maintenant que nous sommes sortis, c’est un changement d’ambiance total. De chaque côté de la route, ce sont des champs de canne à sucre à perte de vue, cette monoculture est sûrement beaucoup moins adaptée à la vie sauvage. On traverse la ville frontière de Komatipoort. Il y règne cette ambiance particulière de ville proche d’un autre pays. Sur la route, une file interminable de camions patiente pour passer au Mozambique. Ils sont en file indienne sur le bord de la route sauf sur le pont où ils n’ont pas le droit d’être arrêtés, probablement pour des raisons de sécurité quand à la résistance de la structure.

Nous n’allons pas au Mozambique et nous tournous un peu avant le poste frontière en direction du Swaziland où eSwatini. Les trois pays sont ici très proches les uns des autres, mais heureusement le flux principal de véhicules part en direction du Mozambique, notre route jusqu’à la frontière est plutôt tranquille, par contre on passe des villages qui sont dans un état très pauvre. Il y a beaucoup de monde et du bétail sur le bord des routes, il faut rouler doucement pour éviter tout accident. La végétation a changé, il y a maintenant principalement des acacias qui poussent sur le bord des routes. Cet arbre est magnifique et offre une belle zone ombragée, souvent on voit un petit commerce sous l’arbre. 


Le passage de frontière entre l’Afrique du Sud et le Swaziland est très rapide et efficace. D’abord on se gare sur le parking en face du bâtiment departure de l’Afrique du Sud, on se fait tamponner le passeport par un agent au guichet. Puis on remonte dans la voiture pour faire quelques mètres jusqu’à la barrière, un autre agent vérifie le tampon et nous laisse passer. On roule encore quelques dizaines de mètres jusqu’au bâtiment arrival de l’autre côté de la frontière du Swaziland puis on se gare à nouveau. On entre dans le bâtiment où on se fait tamponner par un agent le droit d’entrée dans le passeport. On passe au guichet d’à côté pour payer la taxe routière à un autre agent puis on remonte dans la voiture, on refait quelques dizaines de mètres puis on montre les papiers qu’un dernier agent qui ouvre la barrière, et voilà nous sommes bien arrivé au Swaziland ! 

Finalement personne ne nous a demandé de papiers concernant la voiture de location. J’avais demandé une lettre de cross border à l’agence mais rien n’a été demandé à la frontière. A Johannesburg, l’agent de location n’avait ajouté l’option sortie du territoire mais m’avait dit que c’était bon comme cela, on était bien couvert au Swaziland et si il y a un problème il faudra les appeler au moment venu. 

Alors Swaziland ou eSwantini, en fait depuis 2018, le monarque du pays a décidé de changer le nom officiel du pays. Pour utiliser le nom precolonial mais aussi pour éviter la confusion avec Switzerland dont la prononciation était très proche. 

On s’arrête juste après la frontière pour demander dans une petite case si ils ont des cartes SIM à vendre. En effet, alors que le forfait international de Free inclut l’Afrique du Sud en illimité, ce n’est pas le cas pour l’eSwantini. A l’inverse, il faut vraiment faire attention à couper l’itinérance car le bord forfait est très cher. Et malheureusement non il n’y en a pas. Heureusement on avait été assez prévoyant et téléchargé la carte du pays sur l’application Maps.Me, on va donc être capable de trouver notre chemin jusqu’à notre hébergement dans la réserve royale de Hlane. La réserve est bien indiquée sur les panneaux m, on serait arrivé quand même si on avait aucune carte mais c’est quand même plus rassurant. 

On est frappé par la qualité des infrastructures routières au Swaziland. Toute cette zone du pays semble dédiée à la culture de la canne à sucre et sa transformation. Il y a des champs à perte de vue tout le long du chemin. On double beaucoup de camions chargés de canne à sucre. Il y a plusieurs usines impressionnantes vers lesquels ils viennent décharger leur marchandise. Parfois les camions sont trop chargés et on retrouve des cannes à sucre sur la chaussée. On a l’impression que le pays se développe autour de cette industrie et que cela porte des fruits. Nous voyons un décalage avec la partie de l’Afrique du Sud que l’on vient de quitter qui était beaucoup plus pauvre.

Ici les routes sont propres, les maisons sont propres, cela semble plus organisé et entretenu. C’est étonnant car on imaginait l’inverse.

On arrive aux portes du parc au crépuscule.

La lumière orangée est magnifique au dessus des arbres morts.

Des impalas et des Nyalas broutent l’herbe à côté du parking. Pour rentrer dans le parc, il faut donner son passeport et obtenir un laisse passer que l’on garde avec nous. Il faudra le rendre au moment de partir. C’est très rapide et nous voilà à l’intérieur du parc. Il faut rouler jusqu’à un autre portail un peu plus loin, il faut descendre de la voiture pour l’ouvrir et le fermer tout seul. Ce portail empêche les animaux de venir à l’intérieur du camp où se trouve les hébergements et le restaurant de Hlane Royal National Park. On a la sensation que le parc est beaucoup plus petit que le Kruger. On a peur que cela fasse un peu safari zoo alors que l’on avait la sensation de liberté totale pour les animaux dans le Kruger tant la superficie du parc est grande. 

L’hébergement dans le parc est plutôt spartiate, il n’y a de l’électricité et internet qu’au niveau du restaurant. Le parc est néanmoins très mignon, plus mignon que les camps du Kruger, la roundavel est pleine de charme, on a l’impression qu’il y a un vrai effort, on sent presque une inspiration de lodge de luxe. Des lampes à pétrole sont disposés le long du chemin vers les roundavels.

On entre et on est enchanté par la chambre, avec un grand lit et une belle salle de bain. C’est vraiment un excellent rapport qualité prix. 

Les repas se prennent tous au restaurant qui fait face à un plan d’eau. On est vraiment très proche du plan et seul un barbelé électrifié nous sépare. Ce soir, on ne voit rien et il n’y a pas de lumière qui éclaire le plan d’eau. Par contre on entendra des bruits très bizarres toute la nuit, on ne sait pas si c’est un oiseau avec un  cri très particulier ou un animal en train de s’accoupler. On croirait entendre le râle d’un mâle en pleine action. Cela a duré toute la nuit et c’était très proche, on apprendra le lendemain matin que c’était en fait un groupe de lions en chasse qui communiquait entre eux.